Thermes & sources

Loèche-les-Bains, l’eau chaude au pied des Alpes suisses

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Je suis arrivée à Loèche-les-Bains, dans le Valais suisse, après une route en lacets qui grimpe longuement depuis la vallée du Rhône, encerclée par des parois rocheuses qui semblent refermer complètement le village sur lui-même. Les bassins thermaux en plein air, alimentés par des sources chaudes connues depuis le Moyen Âge, se trouvent directement au pied de ces falaises.

Depuis la gare de Loèche, le car postal qui grimpe

Je suis descendue à la gare de Loèche, sur la ligne qui longe le Rhône entre Lausanne et Brigue, avant de prendre le car postal qui assure la liaison jusqu’au village, à travers une route en lacets serrés qui grimpe plusieurs centaines de mètres en une petite vingtaine de minutes à peine. Le chauffeur négociait les épingles avec une aisance qui trahissait une habitude quotidienne, pendant que les autres passagers, surtout des habitués reconnaissables à leur sac de bain déjà prêt, regardaient à peine par la fenêtre malgré le vide vertigineux de certains virages.

Arriver en car postal plutôt qu’en voiture change quelque chose à la première impression du village : on descend directement au centre, sans avoir à chercher de parking, et on marche les derniers mètres jusqu’aux thermes avec les jambes encore un peu engourdies par la montée sinueuse, ce qui rend l’entrée dans l’eau chaude d’autant plus agréable.

Un village serré entre les montagnes

Loèche-les-Bains occupe un cirque naturel entouré de sommets qui dépassent les trois mille mètres, ce qui donne au village, même en été, une ambiance presque alpine intense, très différente des stations thermales de plaine que je connaissais jusque-là. J’ai marché depuis le centre du village jusqu’aux principaux complexes thermaux, en observant la vapeur qui montait des bassins extérieurs, contrastant avec les sommets encore enneigés en arrière-plan malgré la saison.

Je me suis installée dans un grand bassin extérieur, l’eau à une température confortable autour de trente-six degrés, avec une vue directe sur les falaises qui encerclent le village. Cette proximité immédiate entre l’eau chaude et la haute montagne, presque à portée de main, m’a semblé unique parmi tous les thermes que j’avais visités jusque-là.

Ce que la montagne toute proche change dans la baignade

J’ai l’habitude de gravir ce genre de sommet plutôt que de les observer depuis un bassin thermal, et ce changement de perspective m’a d’abord semblé étrange, presque paresseux. Puis j’ai fini par apprécier cette autre façon de fréquenter la montagne, moins physique, tout aussi intense dans la sensation qu’elle procure, entre la chaleur de l’eau et la fraîcheur de l’air alpin qui descend des sommets même en plein été.

Un habitué suisse, croisé dans le bassin, m’a dit qu’il venait ici toute l’année, « été comme hiver, parce que les montagnes ne sont jamais aussi belles que vues depuis l’eau chaude ».

Je suis restée dans l’eau jusqu’au coucher du soleil, regardant la lumière glisser lentement le long des parois rocheuses, passant du blanc éclatant de la fin d’après-midi à un rose puis à un gris bleuté à mesure que le soleil disparaissait derrière les crêtes.

Ce que je n’avais pas anticipé

Je pensais que la fréquentation, en dehors des grandes vacances, resterait modeste. Le grand bassin extérieur que j’ai rejoint en fin d’après-midi était en réalité assez fréquenté, mélangeant curistes venus pour des séjours longs et touristes de passage montés à la journée depuis la vallée, ce qui donne une ambiance plus animée que ce que j’imaginais pour un village niché aussi loin dans les montagnes.

Autre chose que j’avais mal calculée : le système de bracelet ou de carte magnétique utilisé dans certains complexes pour ouvrir les casiers et compter le temps passé dans l’eau. Je suis sortie plus tard que prévu, absorbée par la vue sur les falaises, et j’ai découvert au moment de récupérer mes affaires qu’un dépassement se facture en plus du tarif d’entrée initial, un détail qu’il vaut mieux vérifier à l’accueil avant de s’installer pour la soirée.

Randonner autour du village, avant de retourner à l’eau

Le lendemain, j’ai marché quelques heures sur les sentiers qui montent au-dessus du village, en direction des premiers alpages, avant de redescendre me baigner à nouveau en fin de journée, les jambes fatiguées par le dénivelé. Cette combinaison, marche exigeante le matin et immersion chaude le soir, m’a semblé particulièrement efficace pour récupérer, plus efficace en tout cas que le simple repos allongé auquel je recours habituellement après une longue marche.

Le sentier que j’ai suivi grimpe assez régulièrement sur des pâturages ouverts, avec quelques passages plus raides à l’approche des premières cabanes d’alpage, avant de redescendre par un chemin différent qui longe un torrent alimenté par la fonte des neiges. Je n’ai croisé presque personne sur ce tronçon, alors que le village, en contrebas, restait visiblement animé autour des bassins, ce qui confirme une impression que j’ai eue plusieurs fois à Loèche-les-Bains : la montagne qui entoure le village reste étonnamment calme, même en pleine saison, dès qu’on s’éloigne un peu des thermes eux-mêmes.

Pour combiner randonnée et thermes à Loèche-les-Bains

  • Réserver l’hébergement à l’avance en saison, le village reste petit malgré sa notoriété
  • Prévoir des vêtements chauds pour le soir, l’altitude fait chuter la température rapidement après le coucher du soleil
  • Alterner marche en matinée et bassins thermaux en fin de journée pour une meilleure récupération
  • Se renseigner sur les bassins accessibles sans réservation de cure médicale
  • Vérifier le fonctionnement du bracelet ou de la carte d’accès avant d’entrer, un dépassement de temps se facture en plus

À qui ça convient, et où continuer ensuite

Loèche-les-Bains convient particulièrement à qui aime combiner effort physique et récupération dans l’eau chaude, plus qu’à qui cherche uniquement une détente passive. Le village, cerné de parois abruptes, laisse peu de place à d’autres distractions en dehors de la marche et de la baignade, ce qui peut sembler limité à qui espère plus d’animation en soirée.

Pour prolonger le séjour, le téléphérique qui monte jusqu’au col de la Gemmi permet d’accéder en quelques minutes à un point de vue spectaculaire sur le village en contrebas et sur les glaciers environnants, avant de redescendre à pied par l’ancien chemin muletier qui reliait autrefois le village au reste du Valais, un itinéraire escarpé mais praticable pour qui a le pied sûr.

Je suis repartie de Loèche-les-Bains avec cette certitude que la montagne ne se vit pas uniquement en la gravissant : parfois, s’immerger dans une eau chaude à son pied, entourée de sommets qu’on choisit de ne pas gravir ce jour-là, procure une forme de calme tout aussi réelle, simplement obtenue par un chemin différent de celui que je prends habituellement.

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